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Ô Canada (2ème partie)

9 juillet 2011

Hiver au CanadaJe n’aime pas beaucoup dire que les français sont malheureux, c’est inexact, ce qui illustre mieux le fossé entre l’état d’esprit des canadiens de celui des français (d’une manière générale bien évidemment), c’est la théorie du verre à moitié plein ou à moitié vide : d’un côté de la «rivière» le verre est toujours à moitié plein, de l’autre, il est toujours à moitié vide. La peur d’avoir soif peut-être…

La France est devenue hypocondriaque, il suffit d’analyser le traitement de l’information, le débat politique, les polémiques qui ne cessent de se succéder, les commentaires des internautes sur la toile…On cherche et on voit le mal partout…dans tout…et tout le temps. L’ambiance est minée. Pourtant, la France ne manque pas d’atouts !

L’histoire du Canada moderne a débuté en 1534 lorsque Jacques Cartier en a découvert la côte Est. Et depuis la fondation de la ville de Québec en 1608 par Samuel de Champlain, il en a fallu du courage, de la fierté et de l’enthousiasme pour façonner ce pays.

Canada

Pour celles et ceux qui connaissent les hivers québécois et l’étendue de cette belle province, les premiers colons qui se sont lancés dans le commerce des fourrures le long du fleuve Saint-Laurent, entre l’Atlantique et les Grands lacs, ne l’avaient pas facile…Jusqu’à moins 40 l’hiver et avec plusieurs mètres d’accumulation de neige par saison, au XVIIe et au XVIIIe, c’était dur…très dur !

«D’un océan à l’autre»…la devise canadienne nous renvoie aux grandes épopées : la construction du chemin de fer qui s’étend de l’Atlantique au Pacifique. Sur plus de 5000 km de long, des territoires vierges à relier et à unifier. La ruée vers l’or aussi, dans le Yukon à la lisière de l’Alaska. Des épopées sans lesquelles le Canada «politique» n’aurait pas vu le jour en 1867.

Chemin de fer Canada     Ruée vers l'or - Archives du Yukon

Il en a fallu de la fierté et de l’enthousiasme pour que les canadiens francophones préservent la langue de Molière avec un courage et un amour exemplaires, sur un continent largement dominé par la langue de Shakespeare. Il en a fallu de la fierté et de l’enthousiasme pour inciter ces mêmes canadiens francophones à créer le royal 22ème régiment pour se lancer dans la 1ère guerre mondiale avec le seul souci de contribuer à l’effort de guerre tout comme leurs compatriotes anglophones, et ainsi forcer le respect de tous les alliés.

Encore aujourd’hui, il en faut de la fierté et de l’enthousiasme pour se dresser, le torse bombé et la tête haute, afin de défendre sa souveraineté dans le grand Nord menacé par certaines grandes puissances… Un peuple d’à peine 34 millions d’habitants…

CanadaLes canadiens sont heureux et enthousiastes…ils sont aussi pragmatiques, et privilégient l’action. Le principal défi pour ce pays est démographique, 34 millions d’habitants pour 10 millions de km2, il ne faut pas trop souvent se tromper, il ne faut pas perdre de temps et rechercher au mieux l’efficacité dans l’action politique.

Au Canada, pas question de laisser filer la dette. Ce qui se passe en France est incompréhensible. La maîtrise des finances publiques est ici depuis longtemps une priorité, le débat existe, mais on entend rarement parler de «dé tricotage» des services publics. Les services aux personnes sont un fondement de la société canadienne mais ne peuvent se faire à n’importe quel prix…ne peuvent se faire sur le dos des prochaines générations.

Claude Allègre, ancien ministre de l’éducation en France, avait traité cette administration de mammouth…Il serait plus juste de dire que LA France est un mammouth, devenu obèse (grâce à la dette) par l’appétit de tous les corporatismes qui râlent continuellement (y compris dans les hautes sphères du pays), dont certains se gavent, et qui font un pays qui vit largement au-dessus de ses moyens depuis plus de 25 ans. Mais les politiques français ne sont pas encore prêts pour prendre le bon virage…l’opinion publique française n’est pas non plus encore prête à les suivre sur cette voix. Peut-être un des prochains enjeux pour 2012…Espérons !

Le bien être des canadiens est un autre gros défi collectif. Pour le relever, il faut commencer par créer de la richesse… il faut donc travailler…L’Entreprise est au Canada un symbole de réussite. On encourage et on soutient l’entrepreneuriat, par lequel passe l’emploi productif.

RugbyJ’ai quelques matchs de rugby sous les crampons, ce «sport de voyous pratiqué par des gentlemen» est la plus belle école de la vie. Elle a fait de moi un homme. Mais aucune école, pas même la meilleure, ne prépare un entrepreneur intègre à encaisser en pleine gueule le recueil démoniaque d’emmerdements que son auteur français a baptisé : Code du travail. Elle ne prépare pas non plus un entrepreneur intègre à affronter la haine viscérale  de la toute puissante Inspection du travail.

Du coup, les artisans et les petites entreprises n’embauchent pas. Les PME n’ont pas de stratégie d’entreprise… elles ont une stratégie pour ne pas atteindre le seuil des 50 salariés…On ne cesse de faire référence aux abus des géants de CAC40, mais les l’Oréal, Carrefour et Air France de ce monde s’en foutent, elles ont de l’oseille, une direction des ressources humaines et des avocats. Quand il faut payer, elles payent. Mais pour les PME, c’est un enfer ! Elles bloquent donc les embauches, le chômage augmente, le rapport de force tourne à l’avantage de l’employeur, et tout le monde est malheureux. Mais pas question de toucher à la bête.

Faut-il avoir une image si sombre de son tissu d’entreprises pour conduire un pays à les saborder de la sorte ?

L’optimisme canadien a permis de maintenir un code du travail aussi allégé qu’un beurre de régime. Les entreprises créent donc de l’emploi, le chômage est faible, le rapport de force employeur – employé est donc plus équilibré et les conditions de travail et de rémunération s’améliorent naturellement et continuellement. La boucle est bouclée, la joie de vivre est soutenue.

Je terminerai par un thème qui m’est cher : la nation !

Ce mot sonne comme une belle mélodie et pour le traiter, je parlerai…d’immigration…

Je mentionnais plus haut le défi démographique, une des avenues retenue par le Canada est l’immigration. Mais ici ce mot n’est pas interdit, il n’est pas tabou, il ne réveille pas madame polémique. Le Canada, qui respecte au moins autant les droits de l’homme que la France, a donc un ministre de l’immigration et…une politique d’immigration. Le Canada est une nation souveraine qui maîtrise ses frontières et accueille une immigration selon ses besoins, et surtout, de manière à préserver l’harmonie du pays en ne faisant pas plus que sa capacité à intégrer correctement les nouveaux arrivants, qui ont des droits…mais des devoirs aussi…

Drapeau_CanadaCe qui me dresse le poil sur l’épiderme, c’est la fierté et l’amour des canadiens pour leur pays, leur culture, leur hymne, leur drapeau, leur histoire, leurs valeurs, et ce qui est tout aussi saisissant,  c’est de voir les candidats à la citoyenneté, tout aussi fiers, heureux, vêtus de leur plus bel apparat, prêter serment et chanter l’hymne canadien avec une émotion profonde, non sans avoir préalablement fait l’effort d’apprendre une des 2 langues officielles et réussi un examen écrit et oral sur le Canada, ses symboles et ses valeurs…

Allez, pour finir et illustrer mes propos, un petit clip sympa de 2 minutes sur la ville de Québec :

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