Skip to content

Crises dans les pays arabes : les vraies questions

9 mars 2011

Méditerranée Depuis deux mois nous assistons à un bouleversement historique dans les pays arabes.

Il y a encore quelques semaines, personne n’aurait imaginé que les régimes tunisien ou égyptien puissent tomber. À peine 2 mois après, la Tunisie d’abord, puis l’Égypte ont vu la chute de leur tyran, et aujourd’hui, c’est la guerre civile en Libye.

Ce mouvement ne s’arrêtera pas là, la contestation populaire existe en Algérie, au Maroc, en Jordanie, au Yémen et à Bahreïn. Demain, ce sera peut-être au tour de la Syrie…au tour de l’Iran aussi ? De quoi occuper une large place dans les livres d’histoire ces prochaines décennies.

De Gaulle était un visionnaire. Max Gallo, dans son livre « 1941 », explique très bien comment, cet homme, seul contre tous, avait déjà anticipé l’invasion allemande malgré la ligne Maginot, comment cet homme avait anticipé le rôle des blindés dans le dispositif militaire allemand, comment cet homme, encore seul contre tous, a pu organiser la résistance française, notamment en Afrique du Nord. Après la guerre, comment cet homme a défendu l’étalon or contre le dollar américain, comment cet homme a rejeté le commandement intégré de l’OTAN, ce qui lui a valu les pires critiques des mêmes qui aujourd’hui critiquent Nicolas Sarkozy pour son retour dans cette organisation militaire occidentale. Comment cet homme a défendu sa vision de l’Europe : une Europe des nations.

Aujourd’hui, nos politiques prennent trop souvent leurs décisions dans l’urgence, plus influencés par les sondages ou les révélations du Canard Enchaîné, que par la prise de hauteur et la réflexion, indispensables lorsqu’on gouverne la France ou qu’on ambitionne de le faire.

Trop souvent, les médias qui doivent faire de l’audience pour survivre, couvrent principalement les « scandales » politiques, médiatiques ou économiques. On préfère couvrir les relations conflictuelles entre la mère et la fille Betancourt plutôt que la place de l’industrie du luxe français dans le monde. On préfère couvrir les vacances de MAM en Tunisie que de traiter les enjeux de ces crises dans les pays Arabes, ou continuer de couvrir la Côte d’Ivoire, Haïti ou le Soudan. (Et n’allez surtout pas croire que j’éprouve de l’affection pour Liliane Betancourt, ou que je ne condamne pas les erreurs de MAM…) Le 25 février, on demande la démission de MAM, et le 1er mars on demande si la politique peut être efficace avec un remaniement ministériel de plus…

Mais où est donc passé monsieur Temps ? Le temps de la réflexion, le temps de l’analyse, le temps de la prise de décisions constructives…En marchant dans une petite ville de province, j’ai vu une affiche du NPA : « Tunisie, Égypte : vive la révolution ». Le postier de Neuilly qui parle de révolution, je préfère me taire, je deviendrai grossier…Tiens ça me rappelle Lucchini pour qui l’insulte préférée est « espèce de petite fiente ! ».

Revenons-en donc à ces questions essentielles qu’il faut se poser : la démocratie ne se lève pas comme une mayonnaise ou une bonne chantilly, c’est un processus dont l’accouchement est long et douloureux. Comment peut-on les rejeter du revers de la main :

  • Quels seront les impacts de ces crises sur l’économie mondiale ? On voit déjà le cours du pétrole flamber et le prix de l’essence atteindre son triste record historique de 2008.
  • Quelles seront les conséquences géopolitiques de ces crises ? Assistera-t-on à la démocratisation de ces pays en crise politique, ou verra-t-on des intégristes religieux s’emparer du pouvoir avec autant d’autoritarisme que les précédentes dictatures ?
  • Comment les mouvements terroristes surferont-ils sur cette instabilité profonde ?
  • Les flux migratoires vers l’Europe et notamment vers la France, seront inévitables, mais dans quelle ampleur ? Et quelle politique la France, qui croule déjà sous les déficits, devra-t-elle adopter ?
  • Que se passera-t-il en France quand on se rappelle avec quelle force et quelle intensité la Marseillaise a été sifflée au stade de France à l’occasion d’un match de football France – Algérie ?

Questions de politique intérieure, creusons les 2 dernières. Marine Le Pen est à 25% dans les sondages…dans tous les sondages, et quel que soit le candidat PS. Du jamais atteint pour le FN, même lorsque son père s’est retrouvé au 2ème tour des présidentielles en 2002. Il s’agit donc d’une préoccupation profonde pour une large part de la population française. Je me promène et j’écoute, tout le monde est inquiet et parle, chez le coiffeur, à la boulangerie…Mais au lieu de débattre, la droite panique, la gauche s’offusque…Voilà ce qui arrive quand le caca qu’on a dans les oreilles est tel, qu’on écoute plus une partie du peuple et ses appels de détresse. La droite républicaine au pouvoir depuis 2002 (presque 10 ans) a échoué et démissionné sur les questions de sécurité, d’immigration et d’identité nationale, et ce n’est pas en lâchant Chantal Brunel que Jean-François Côpé retrouvera les électeurs perdus. La gauche, elle, continue de faire l’autruche et reste enfermée dans ses dogmes d’un autre âge. Il n’y a jamais eu un président de la république aussi bas dans les sondages, malgré ça, le PS ne décolle pas. Ça ne vous interpelle pas ??? Qu’attendez-vous pour désigner un candidat et proposer un programme ? Comment vous positionnez-vous par rapport à un Jean-Luc Mélanchon ? Les uns et les autres, continuez comme ça,et Marine sera à 30% des intentions de vote.

Pour ceux qui ne me connaissent pas, je ne suis ni frontiste, ni raciste : ma grand-mère paternelle est réunionnaise, j’ai une cousine ivoirienne, un cousin haïtien, j’ai vécu plus de 15 belles années à Mayotte dont la population est noire et musulmane et parmi laquelle j’ai des amis très proches, et j’ai même un pote franco-roumain, pas un pote, un frère…Je m’autorise donc à traiter cette question, et je récuserai tous les raccourcis débiles du genre : « c’est un fasciste, un raciste… ».

La France traverse une crise identitaire profonde et une crise financière structurelle démentielle (plus de 1.500 milliards d’euros de dette publique – Le ciel nous est tombé sur la tête !).

Il faudra donc bien finir par se prononcer sur des sujets pragmatiques pour nos concitoyens :

  • Lorsqu’un immigré clandestin arrive en France il a le droit d’être soigné gratuitement, en a t-on les moyens ? Trou de la sécu : près de 30 milliards d’euros en 2010, soit plus de la moitié de l’impôt sur le revenu perçu par l’état. 500 euros par français (enfants et vieillards compris) et par an, juste pour combler le déficit…1000 euros par an pour un couple de retraités…Et que fait-on ? On emprunte. Ce n’est pas grave, dans 20 ans ça ira mieux et nos enfants pourront payer…
  • Un mineur clandestin a le droit d’aller à l’école. Depuis de nombreuses années il me semble pourtant entendre le corps enseignant dénoncer le manque de moyens et les classes trop chargées…Et que fait-on ? On emprunte. Un peu plus un peu moins, ce n’est pas si grave après tout.
  • Les immigrés clandestins sont des êtres humains, il faut bien les loger…Ai-je besoin de vous parler de la crise du logement ? Je ne crois pas.
  • La France traverse une crise identitaire profonde. Pas besoin de vous faire un dessin. Qu’on le veuille ou non, et malgré la loi de 1905, notre nation s’est construite en plus de 2000 ans sur des valeurs judéo-chrétiennes. Cela ne signifie pas qu’on ne peut pas accueillir des musulmans. Cela ne signifie pas non plus qu’on ne peut pas être tolérant à l’égard des « minorités » religieuses. Mais lorsque la chaîne Quick lance des sandwichs exclusivement Allal, lorsque des rues sont fermées pour la prière du vendredi, lorsqu’un Sikh fait un caca nerveux parce qu’il ne veut pas enlever son kirpan malgré les règles de sécurité, lorsque des juifs hassidiques demandent d’enlever les sapins de Noël de l’espace public, et lorsque notre hymne national est sifflé dans le stade de France, alors là, on a un sacré problème. Un vrai putain de problème qui finira tôt ou tard par exploser.

C’est de tout cela dont la nation française doit débattre, avec les journalistes et les politiques en 1ères lignes, sans démagogie, avec sérénité, hauteur, intelligence et surtout du courage politique. Il faudra aussi en finir avec les discours d’une naïveté insultante des Domenach and co.

Union pour la Méditerranée

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :