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Ma 1ère proposition pour la France (1/2)

5 mars 2011

Je suis actuellement en déplacement familial et professionnel en France.

Viaduc de Millau La France, ce beau pays ! J’ai commencé ce petit périple en arrivant de Québec à Paris, une des plus belles capitales du monde avec ses quais de la Seine sur lesquels vous pouvez croiser des bouquinistes dans leur petit cabanon vieux de quelques décennies, dans lesquels s’entassent des livres usés, les pages jaunies par le temps, écornées par les mains des nombreux lecteurs successifs, son quartier St-Michel avec sa cathédrale, majestueuse, puissante et rassurante, qui abrite ce cher Quasimodo… Son quartier Latin ou Montmartre avec d’un côté « Lili la tigresse » et ses danseuses nues, et de l’autre la place du Tertre avec ses peintres de rues qui nous transportent dans leur univers artistique. Le Louvre, bien sur…Je suis sorti de Paris par les Yvelines avec le Château de Versailles, cher au roi Soleil, Louis XIV, la forêt de Rambouillet organisée sous Henri IV pour faciliter la chasse à courre, puis direction le Centre de la France en passant d’abord par la Sologne, les châteaux de la Loire, Chambord, Amboise où est enterré Léonard de Vinci…Puis après seulement 3 heures de route, nous voilà en plein coeur de la France, dans le Massif central, avec son Volcan, le Puy de dôme, et ses moyennes  montagnes. Et là, c’est la descente chez moi, en quelques kilomètres, on traverse la Haute Loire, le Cantal, la Lozère et enfin l’Aveyron, avec ses bois, ses champs, ses murets en pierre, vieux de quelques siècles et qui tiennent sans ciment, ses légendes sur la Bête du Gévaudan, ses fermes traditionnelles dans lesquelles vous rencontrez des paysans qui vous parlent de leur terre avec passion et « poésie », une poésie bien campagnarde et les « r » qui rrrroulent, vous font goûter fièrement les produits du terroir : du lait qui n’est pas blanc comme chez Leclerc ou Casino mais qui goûte le plein air, des oeufs dont les coquilles sont encore salies par la fiente des poules, mais qui ont un goût si unique, les fromages Roquefort et Perail, la saucisse sèche du Viala du Tarn…Ses troupeaux de vaches qui dégagent une odeur envoûtante pour les gens du pays, dégoûtante pour les gens de la ville. Je pourrai continuer longtemps comme ça, d’autant que mon périple s’est poursuivi jusqu’au pays des cigales et de la lavande : la Provence de Marcel Pagnol ! À peine à 4 heures de route de l’Aveyron, mais tellement différente…idéalement prise en étau entre la mer Méditerranée au sud et les sommets enneigés des Alpes au nord-est.

Cela n’est rien si on ne rajoute pas que la France est un pays développé, démocratique, dans lequel les droits fondamentaux sont à peu près respectés, avec, quoi qu’on en dise, un système de santé qui fonctionne, des enfants qui vont à l’école et un système social qui limite considérablement le nombre d’exclus.

Et pourtant, mis à part quelques moments de joie et de bonheur, je ressens aussi une certaine mélancolie, une lassitude, une absence de joie de vivre et d’optimisme. Sans aller plus loin que dans ma famille, dans laquelle il y a des gens de droite, de gauche, des retraités, des fonctionnaires, des salariés en situation précaire, des cadres, des chômeurs, des croyants, des laïques, des français « gaulois », des français issus d’une immigration récente, bref, un large éventail de la société française, je ressens cette inquiétude pour des lendemains incertains et des déséquilibres incompris.

Je ne développerai pas toute ma réflexion, mais j’en arrive à la conclusion que le manque de travail et la précarité professionnelle sont un des grands fléaux, si ce n’est LE grand fléau de notre société, celui qui conduit à une partie de la délinquance, celui qui conduit au problème du logement, celui qui explique ce sentiment d’insécurité face à l’avenir, celui qui freine la croissance économique, cette même croissance qui permettrait d’améliorer le pouvoir d’achat, de soulager notre système social au bord de l’explosion, qui nous permettrait de diminuer la dette qui est pour moi un enjeu fondamental mais pour lequel tout le monde fait la politique de l’autruche.

Voilà donc la 1ère proposition que je formule pour la France : à l’exception des personnes en état d’incapacité réelle, tout bénéficiaire du RMI ou des allocations chômage doit travailler. Il n’y a aucune raison que des hommes et des femmes travaillent et payent des impôts au titre de la solidarité nationale, et que les bénéficiaires de cette solidarité ne participent pas aux efforts de la nation.

Avant que certains lecteurs ne poussent des hurlements, je préfère préciser que je ne demande certainement pas à nos vieux qui bénéficient du minimum vieillesse de retourner au travail. Je n’ai pas non plus écrit, que les femmes qui font le noble choix de rester à la maison pour élever leurs enfants ne devraient plus toucher les allocations familiales, alors du calme !

J’évoquerai plus bas les points forts d’une telle mesure, mais je vais d’abord répondre aux sceptiques : il faudra bien évidemment un système qui, d’une part, encouragerait les personnes concernées à vouloir ré-intégrer au plus vite le circuit plus classique du marché du travail, et d’autre part, faire en sorte que les « employeurs potentiels » de ces personnes concernées, ne puissent créer un « marché du travail parallèle ».

Voilà quelques points positifs auxquels je pense :

  • Rendre leur dignité aux chômeurs qui vivent mal cette situation;
  • Permettre aux chômeurs de continuer à apprendre du marché du travail et ne pas tomber dans une spirale qui les en éloigne de plus en plus;
  • Certaines TPE et PME dont les finances ne permettent pas, à leur démarrage, d’embaucher, mais qui ont un vrai potentiel de croissance pourraient bénéficier de renforts, ce qui leur permettrait de se développer plus rapidement, et donc de créer de la richesse, ce qui conduirait à retrouver un cercle plus vertueux : croissance – création d’emplois – consommation – investissement – recettes fiscales – prospérité…
  • Des travaux d’intérêts publics pourraient-être accomplis dans des petites communes, auprès des personnes malades ou isolées…
  • Certains services publics, dont on dit qu’on est en train de les détruire, pourraient bénéficier eux aussi de renforts…

J’ai déjà fait référence à La Fontaine et à sa morale : « Le travail est un trésor », je pense aussi en écrivant ce billet, à Céline et son livre « Voyage au bout de la nuit : je refuse la guerre » :

« Oh ! Vous êtes donc tout à fait lâche, Ferdinand ! Vous êtes répugnant comme un rat…

– Oui, tout à fait lâche, Lola, je refuse la guerre et tout ce qu’il y a dedans… Je ne la déplore pas moi… Je ne me résigne pas moi… Je ne pleurniche pas dessus moi… Je la refuse tout net, avec tous les hommes qu’elle contient, je ne veux rien avoir à faire avec eux, avec elle. Seraient-ils neuf cent quatre-vingt-quinze millions et moi tout seul, c’est eux qui ont tort, Lola, et c’est moi qui ai raison, parce que je suis le seul à savoir ce que je veux : je ne veux plus mourir. »

Je ne suis absolument pas d’accord avec la suite du texte de Céline, mais cette première partie peut s’appliquer à ce que je ressens pour une certaine forme d’oisiveté forcée ou voulue.

Il faut refaire du Travail une valeur, avec des patrons qui remettent l’Homme au coeur de l’entreprise et des salariés consciencieux, heureux et fiers de leur travail. Il faut utiliser le maximum des forces vives du pays pour créer la richesse indispensable pour soutenir et maintenir notre modèle social. Pour mener la lutte économique, aussi, contre nos concurrents allemands, chinois…et ne pas nous faire bouffer tout cru comme c’est le cas actuellement.

Dans un prochain billet, je présenterai ma 2ème proposition pour la France, complémentaire à celle que je viens d’exposer.

From → Économie, Politique

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