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Ne vous excusez pas M. l’ambassadeur !

21 février 2011

Cela fait plusieurs semaines que je veux rédiger un billet sur l’agriculture et la souveraineté alimentaire, je l’aurai peut-être intitulé : « Dans le cochon, tout est bon. » Mais voilà, entre mon boulot qui m’occupe quelques dizaines d’heures par semaine et l’actualité qui n’arrête pas de changer mes plans, ce ne sera pas pour aujourd’hui… C’est dommage, avec le salon de l’agriculture qui venait d’ouvrir ses portes à Paris, l’occasion était vraiment belle. Ce n’est pas grave, ce n’est que partie remise…

Aujourd’hui, je vais donc vous raconter une petite histoire…

Il était une fois un pays, dont on a oublié le nom, mais dont les frontières épousaient à peu près les frontières plus récentes de la Gaule antique, c’était un grand pays de navigateurs qui avait colonisé des pays sur l’ensemble du globe lorsqu’on croyait qu’il était plat et qu’à la fin on tombait dans le vide. Alors que ce pays dominait le monde, avec 2 ou 3 autres nations, un vent de liberté se mit à souffler sur les pays colonisés qui se battirent pour leur indépendance. S’en suivit des décennies difficiles pour les pays décolonisés qui se retrouvèrent, dans bien des cas, sous le joug de dictateurs.

Jusqu’au jour où, las d’être privés des droits élémentaires et de liberté, des peuples se dressèrent et firent tomber leur tyran.

Le 1er mouvement de contestation auquel le monde de l’époque assista, partit d’un petit pays d’Afrique du Nord, qui s’appelait Utique. Personne n’avait prévu ces évènements, mais alors vraiment personne. L’ancien pays colonisateur s’abstint de commenter cette actualité ultra sensible, et adopta une posture raisonnable de prudence et de réserve. Ces mêmes abrutis de l’opposition qui reprochèrent au gouvernement son silence, se seraient bien empressés de critiquer tout commentaire, en l’assimilant à de l’ingérence d’un colonisateur méprisant à l’égard d’une ancienne colonie. Je ne sais pas ce qui était plus grave pour un leader politique qui aspirait aux plus hautes responsabilités d’un état : la mauvaise foi et l’absence de propositions, qui faisait que de la seule critique naquit l’espoir d’une future victoire, ou bien la connerie ?  À les écouter, il aurait fallu soutenir les peuples et condamner les dirigeants…C’était effectivement une posture louable qui nous met tous d’accord, mais c’était aux associations et aux médias de le faire, certainement pas à un gouvernement qui devait discuter en permanence avec les autres gouvernements en place, qu’ils furent dictateurs ou non. C’est ce qu’on appelait la diplomatie, certes avec ses bons et ses mauvais aspects, mais à moins d’avoir inventé un autre modèle de coopération internationale, c’était comme ça. Sinon, on pouvait aussi revenir à une politique isolationniste…bande de cons ! Et ils étaient tellement cons que je n’aurai pu leur dire « tournez votre langue 7 fois dans la bouche avant de parler »…ils en auraient sorti une autre. Avec Noëlix Mamérus nous avions un bel exemple…

Alors attention, cela ne veut pas dire qu’un gouvernement ne peut pas porter des messages de paix et de démocratie, mais dans un cadre diplomatique et non conflictuel, c’est là, toute la difficulté de l’exercice : comment soutenir le Tibet sans froisser les Chinois ? Sauf à vouloir effectivement rompre les relations diplomatiques, ce qui peut être justifié dans certains cas, comme lorsque la France a opposé son veto à l’ONU contre la guerre en Irak, ou lorsque la communauté internationale s’oppose à Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, je pourrai aussi parler de dossiers sensibles comme l’Iran, la Corée du Nord, le Pakistan, le Soudan qui sont autant de situations particulières. La nature humaine étant ce qu’elle est, la diplomatie est un exercice délicat, il ne faut donc pas la commenter sans une réflexion profonde.

Revenons à ma petite histoire : une fois le tyran renversé, le gouvernement de l’ancien colonisateur envoya un nouveau messager car son prédécesseur ne vît rien venir des évènements et dans le contexte, il fallait du changement. Boris Boillon quitta donc les bords du Tigre et de l’Euphrate pour se rendre dans le nord du Sahara. Ce jeune diplomate messager arabophone devait permettre de nouer des liens diplomatiques avec le nouveau régime.

Déjà à l’époque, comme tout diplomate messager qui arrivait dans une nouvelle contrée, il fallait commencer par la tournée des popotes, et notamment les scribouillards scribes. Boris Boillon se prêta à la coutume, normal, mais au cours du banquet s’énerva contre 2 d’entre eux. S’en suivit un petit scandale qui poussa notre ambassadeur messager à présenter ses excuses à la télévision sur la place publique de la capitale d’Utique. On l’avait accusé d’être hautain et méprisant à l’égard des scribouillards scribes. Mais avez vous écouté les questions ? Ça, personne n’en parla. Malheureusement, il y avait un peu trop de scribouillards qui ne rapportaient pas correctement les messages des messagers (ils devaient se tromper dans les transcriptions…), mais qui voulaient eux mêmes écrire l’histoire sans en être des acteurs et qui n’étaient obsédés que par la manière de provoquer des scandales pour vendre plus de Papyrus torche cul. Quand je reste soft, je les appelle des « mange merde ». Imaginez quand je ne suis plus soft…

Boris Boillon La 1ère question qui fît dégoupiller Boris Boillon : « M. l’ambassadeur, que pensez-vous des agissements de votre ministre MAM ? » Boris Boillon était un haut fonctionnaire du ministère des affaires étrangères; MAM, comme ministre, était son patron (jusqu’à sa démission pour avoir navigué gratuitement sur la goélette d’un riche sultan). Et vous croyez qu’il allait répondre à cette question ? Celle-ci n’avait aucun autre intérêt que de foutre la merde…

La 2ème question semblait porter sur l’âge de Boillon ou sur le silence des dirigeants de son royaume pendant le soulèvement populaire en Utique (comme le texte est en Arabe, je ne peux confirmer). On voit là que d’un scribe à l’autre, la précision de l’information ne semblait pas préoccuper leurs auteurs. Et dans un cas comme dans l’autre, encore une question sans intérêt qui n’avait pour autre objectif que de foutre la merde…

Corporatisme oblige, on coupa au montage et on ne relata que le coup de gueule de Boillon. Toute la sphère médiatico-politique se foutait des questions, même si elles étaient réellement tordues… Et bien je vous le dit M. l’ambassadeur, vous n’auriez pas dû vous excuser mais les envoyez chier encore une fois ! C’était, à l’époque, insupportable de voir ces « mange merde » se cacher derrière le « devoir d’information », derrière le : « nous ne faisons que notre boulot », ça suffisait de voir le peuple être pris pour des cons, ça suffisait de penser qu’on pouvait manipuler l’opinion comme un troupeau qu’on conduit au pâturage…

Mais heureusement, aujourd’hui…ce n’est plus comme ça !

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